Cannabis et dépendance: distinguer le vrai du faux

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La légalisation du cannabis est au cœur des débats. On entend dire de nombreuses allégations comme quoi la consommation de cette drogue est une introduction vers les drogues dures. Allégations contradictoires ou non, nous départageons le vrai du faux dans ce post. 

Le cannabis rend dépendant: VRAI

La consommation de cannabis peut effectivement pousser vers un trouble lié à l’usage, voire vers la dépendance. Cependant, des études scientifiques sur le sujet suggèrent que seul 1 consommateur sur 11 est susceptible de développer une forme de dépendance. Le trouble lié à l’usage est aussi plus observé chez les consommateurs réguliers, qui consomment d’énorme quantité de THC. En cessant de fumer, ces personnes ressentiront les symptômes de sevrage comme un trouble du sommeil ou de l’appétit, une irritation, etc. Ces symptômes peuvent durer deux semaines.

Dans les cas extrêmes, la dépendance peut se présenter comme une tolérance élevée à la drogue ou à une difficulté à arrêter la drogue. Autrement dit, les personnes sujettes à une sévère dépendance auront du mal à arrêter de consommer du cannabis, malgré les effets négatifs que cela peut apporter sur leur existence.

Le cannabis expose davantage à un risque de dépendance que l’alcool: FAUX

Comme nous venons de le dire, 1 personne sur 11, soit 9% des consommateurs, développent un trouble de l’usage cannabique. Ce chiffre correspond à une minorité de consommateurs de substances récréatives, légales comme illégales. Cela s’explique par un usage contrôlé et/ou limité dans le temps. On ne peut en dire autant de l’alcool, du tabac et des autres drogues dures. Voici un comparatif des pourcentages de risques de problème d’usage:

  • cannabis: 9%
  • alcool: 15%
  • cocaïne: 17%
  • héroïne: 23%
  • tabac: 32%

Le constat est sans appel, le cannabis ne rend pas plus dépendant que l’alcool et les drogues dures.

Les jeunes sont plus à risque à la dépendance: VRAI

Il n’y a pas d’âge pour développer un risque de dépendance au cannabis. Toutefois, les jeunes consommateurs sont considérés comme plus vulnérables. En effet, les chiffres indiquent une forte tendance à la dépendance chez les personnes ayant commencé très tôt. Chez ceux qui ont consommé le cannabis à l’adolescence, six développeront une forme de dépendance, l’équivalent de 17%. De plus, commencer le THC à l’adolescence de manière fréquente et prolongée expose le cerveau à des dommages irréversibles.

Le cannabis facilite le passage vers les drogues dures: FAUX

Il est admis que la consommation de cannabis est une étape vers la prise d’autres substances pouvant entraîner une dépendance, comme l’alcool, la cigarette et d’autres drogues. Toutefois, commencer avec le cannabis et finir avec les drogues plus dures est une allégation purement contradictoire. La majorité des consommateurs ne se tournent pas vers ces drogues plus dures par la suite.

Une étude suggère que 17 millions de personnes ont au moins une fois dans leur vie expérimenté le cannabis , 2,2 millions la cocaïne, et 600 000 l’héroïne. Le tabac et l’alcool restent au sommet des premières consommations de drogues. 46,9 millions ont expérimenté l’alcool. Toutes ces consommations ne conduisent pas systématiquement vers la prise de drogues dures, pour la simple et bonne raison que les individus ne recherchent pas tous les mêmes sensations. Chacun connaît ses propres limites et les place à un niveau différent, tout comme chacun recherche des effets précis  pour différentes raisons. Des facteurs externes comme son environnement social peuvent pousser une personne vers la consommation de drogues dures

Le cannabis c’est quoi au juste?

Le mot cannabis est dérivé du nom latin chanvre. Il s’agit donc d’une seule et même plante. Elle est d’origine équatoriale, mais pousse quasiment partout dans le monde, et ce depuis des milliers d’années. Elle se décline sous quatre variétés qui sont utilisées de manières différentes. 

  • On l’utilise dans l’industrie textile et l’agriculture, en raison de sa forte résistance. Elle sert par exemple à fabriquer des cordes et du papier, mais aussi des produits alimentaires. Les variétés destinées à cet usage sont le cannabis sativa ou chanvre textile, et le cannabis indica ou chanvre indien.
  • Le cannabis est aussi consommé dans le cadre d’un usage récréatif, c’est-à-dire pour profiter de ses effets psychotropes. Ceux qui recherchent ces effets modifiant les pensées et le comportement se tournent vers les variétés cannabis sativa indica et cannabis sativa kafiristanica ou chanvre afghan. 
  • La plante de cannabis est aussi utile en milieu médical, pour ses vertus apaisantes. On parle de variété cannabis ruderalis ou chanvre sauvage.

L’usage de cette plante est plurimillénaire, notamment l’usage thérapeutique. On pense que les asiatiques sont les premiers à l’avoir découvert. Ils l’auraient utilisé pour guérir des maladies, mais aussi pour modifier leur conscience pendant les rituels sacrés.  

Les effets du cannabis

Comme nous l’avons expliqué, le cannabis altère le comportement. Cela est dû au principe actif qu’il contient, qui n’est autre que la molécule THC ou tétrahydrocannabinol. Cette molécule est responsable des effets planants et euphorisants de la plante, raison pour laquelle elle se retrouve aujourd’hui sur la liste des stupéfiants. Mais la concentration de THC dans le cannabis est très variable d’une plante à une autre. Plusieurs facteurs font varier le taux de THC, notamment le sol, l’ensoleillement, le climat, etc.

Par ailleurs, chaque individu n’assimile pas la substance de la même manière. Lorsqu’elle est consommée, certains ont une meilleure tolérance par rapport aux autres. La manière dont elle est consommée ainsi que la quantité ingérée peuvent aussi affecter la tolérance au THC. En général, les effets attendus sont un léger sentiment d’euphorie et un apaisement, puis une forte intoxication surnommée “bad trip”. Certains consommateurs peuvent trouver des effets planants, tandis que d’autres multiplient les mauvaises expériences. En effet, il arrive parfois de ressentir des malaises, des tremblements, des vomissements, une somnolence, un ralentissement des mouvements, une forte angoisse, etc.

Les effets nocifs

Dans tous les cas, une chose est sûre. La consommation de cannabis affecte la mémoire et la concentration. Elle modifie la perception de l’environnement, altère les réflexes et la vigilance. La consommation régulière est d’autant plus problématique. Dans ce cas, on parle d’usage nocif. Voici quelques effets indésirables qui en résultent:

  • difficulté à se concentrer,
  • décrochage scolaire,
  • isolement social,
  • perte de la motivation,
  • addiction,
  • etc.

Chez les personnes souffrant de pathologies plus ou moins graves, le THC peut aussi aggraver les symptômes, notamment l’anxiété et la dépression. 

A quel moment fait-il effet?

Lorsque vous fumez du cannabis, il commence à faire effet après environ un quart d’heure. Ces effets vont durer entre deux et quatre. En revanche, lorsque vous ingérer le produit, les effets mettent plus de temps à apparaître. Comptez entre une demi-heure et deux heures. Ensuite, ils durent plus longtemps, soit entre six et huit heures. Toutefois, même si vous ne ressentez plus les effets, cela ne signifie pas que le THC a complètement disparu de votre organisme. Les traces sont détectables dans les urines pendant au moins soixante-douze heures chez un consommateur occasionnel, et quatre semaines ou plus chez un consommateur régulier.  

Cannabis à usage médical

Avant que le mot drogue ne soit définie comme une substance illicite, il désignait autrefois un médicament préparé par les apothicaires, destiné à prendre soin des malades.  Aujourd’hui, après avoir essuyé les critiques, les recherches médicales font d’énormes progrès et portent à croire qu’une consommation encadrée peut aider les patients. En France, l’usage du cannabis thérapeutique fait l’objet de débats houleux. Néanmoins, son usage à titre expérimental est en cours depuis 2019 par l’ANSM. Au terme de cette expérimentation, si le cannabis à usage médical s’avère pertinent, peut-être sera-t-il rendu légal dans un futur proche? 

Conséquences de la consommation de cannabis sur la santé

Le cannabis a beau posséder des vertus thérapeutiques miracles, ce n’en est pas moins une drogue. A cause des effets psychotropes qu’il apporte, sa consommation présente un risque pour la santé, notamment le cerveau. Les symptômes peuvent apparaître dès la première expérimentation, et s’intensifient à mesure que l’individu s’en accoutume. 

Ainsi, même chez un consommateur occasionnel, les dommages qu’il peut engendrer ne sont pas à prendre à la légère. Le cannabis fumé est nocif pour les poumons et le cœur. De même que le tabac, il accélère le rythme cardiaque, crée des dommages dans les vaisseaux sanguins et dans les voies aériennes. 

Lorsqu’il s’attaque au cerveau, le THC crée des troubles psychiques comme des états de psychose, des épisodes dépressifs ou paranoïaques, des hallucinations, etc. Il peut également aggraver les troubles déjà existant.

Sortir de la dépendance

Le sevrage cannabique est une étape difficile, caractérisée par des symptômes désagréables comme un trouble du sommeil, l’anxiété, l’humeur changeante, la transpiration excessive, etc.  En se faisant accompagner par un professionnel de l’addictologie, la sortie de la dépendance au cannabis ne se solde pas toujours par un échec. Aujourd’hui, le CBD ou cannabis light est aussi utilisé comme substitut par beaucoup de personnes. 

Pour résumer, le cannabis peut vous rendre addict, mais pas plus que l’alcool, le tabac, l’héroïne et la cocaïne. Il ne vous conduit pas non plus à la consommation de drogue dure. La preuve, la majorité d’entre nous ont expérimenté la marijuana au moins une fois dans sa vie, sans plus. Enfin, il peut être toxique en fonction de la manière dont il est consommé. Dans tous les cas, l’overdose au cannabis ne tue pas

 

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