Cannabis : son usage potentiel pour le cancer pédiatrique

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Le cannabis est aujourd’hui devenu une plante multi-usage. Son utilisation à des fins médicales gagne d’ailleurs du terrain. Il accompagne par exemple déjà les patients atteints de sclérose en plaques, d’épilepsie ou encore de Parkinson. Quant à savoir s’il constitue un traitement approprié pour une maladie pédiatrique, la science ne nous fournit pas encore assez de preuves à l’heure actuelle. Pour le moment, on entend plutôt parler des histoires partagées par les parents qui, souvent, décident d’administrer le produit à leurs enfants contre l’avis des médecins ou à leur insu. C’est notamment le cas de Jessica et Simon Edwards — parents du petit James souffrant d’une tumeur cérébrale maligne. Alors, comment le cannabis médical a-t-il aidé ce dernier ? Et que peut-on apprendre de son expérience ? 

Un partage d’expérience qui redonne de l’espoir

Le cauchemar de tous les parents. C’est ce qu’a vécu le couple britannique Jessica et Simon Edwards. La vie tranquille et joyeuse de leur fils, James, a effectivement été chamboulée lorsqu’une maladie particulièrement agressive se développe dans son cerveau. À l’âge de 2 ans et demi, l’enfant a développé un strabisme (un défaut de parallélisme entre les deux yeux). Plus tard, il souffrait de migraine, que le médecin n’a pas tellement prise au sérieux. 

Ce n’est que 10 jours après ce rendez-vous que les parents s’apercevront de la gravité de la situation. Après que le jeune James éprouvait une faiblesse des jambes, un examen d’IRM en urgence a été prescrit. Le diagnostic est alors tombé. James était atteint de gliome pontique intrinsèque diffus (DIPG). Son pronostic vital était engagé. En effet, il s’agit d’une tumeur incurable. À ce moment, le couple Edwards était encore loin de s’imaginer à quel point le cannabis médical soulagerait leur enfant. 

Selon les médecins, il ne lui resterait d’ailleurs que 6 à 8 mois à vivre. C’est sans dire que les parents étaient dévastés. D’autant plus qu’« il n’y avait rien à faire », disaient les professionnels de la santé. 

Photo de cannabis médical enfant

Une décision judicieuse d’intégrer le cannabis dans le traitement 

Malgré la mise en garde des médecins à ne pas faire des recherches de leur côté, les parents de James n’ont pas pu se résoudre à laisser leur enfant mourir sans rien faire. Cependant, ce n’est qu’après plusieurs semaines que le couple est tombé sur des études sur le cannabis médical qui pourrait soulager leurs enfants. Sans avoir mis au courant les oncologues qui suivaient le jeune patient, Jessica et Simon Edwards décident alors de donner une chance à la plante. Les espoirs de guérison ont émergé lorsque les parents ont remarqué un changement positif dans l’état de James. Ce dernier, qui était censé perdre progressivement sa mobilité, courrait encore dans les couloirs de l’hôpital… À la grande surprise du personnel hospitalier.

Mais alors, qu’ont fait réellement les parents de James ? Eh bien, les Edwards se sont fournis en huile de cannabis par le biais d’un ami de la famille. Les recherches qu’ils ont consultées ont parlé de l’effet bénéfique de ce produit sur les patients souffrant de conditions sérieuses. À savoir entre autres la maladie de Parkinson, l’épilepsie ou encore l’arthrite. Pour leur parcours en particulier, le couple s’est laissé guidé par les sensations de leur fils. Ils ont ainsi commencé avec des microdoses sublinguales — administrées tout au long de la journée. Puis, ils ont augmenté au fur et à mesure selon les réponses du corps de James. Le constat était clair : ils ont vu un James plein de vie alors qu’il était censé avoir développé une neutropénie à ce stade.

Une histoire qui aurait pu se terminer autrement

Après 3 ans de bataille, le petit James a malheureusement perdu son combat. Si les scans étaient jusqu’à ce moment stables, des kystes sont apparus autour de la tumeur maligne du jeune patient. Ils ne lui ont laissé aucune chance. Pour Jessica et Simon Edwards, c’est déjà une grande chose que leur fils ait vécue si longtemps. D’autant plus que les médecins ne lui donnaient qu’un maximum de 8 mois à vivre. 

Néanmoins, ils ne peuvent s’empêcher de croire que l’issue aurait pu être différente s’ils ont profité de l’appui d’un professionnel de la santé aguerri. En réalité, le père de James a lui-même concocté l’huile de cannabis administré à son enfant. Certes, il y avait bel et bien une clinique londonienne qui pouvait les aider. Toutefois, les coûts de la prise en charge s’élevaient à 1 200 £ par mois. Une somme astronomique pour des parents qui ont décidé de consacrer leur vie à prendre soin de leur fils.

De l’autre part, le couple britannique craignait également la réaction des médecins qui les ont tout de même prévenus de ne rien faire. C’est justement cela que Jessica et Simon déplorent. Pour eux, le cannabis médical est encore largement stigmatisé dans le milieu médical. Pourtant, la démystification de la plante permettrait d’avancer dans les recherches sur son potentiel thérapeutique réel. La communauté scientifique devrait pareillement approfondir son utilisation éventuelle chez les patients souffrant d’un cancer pédiatrique quelconque. 

Même si le cannabis n’a pas pu sauver leur fils, les Edwards restent d’ailleurs convaincus qu’il a permis de rendre ses dernières années plus agréables. Lorsque l’enfant n’a plus pu prendre sa dose quotidienne, l’appui d’un médecin aurait pu les aider à l’administrer d’une autre manière.   

Retrouvez ce témoignage touchant en suivant ce lien

Photo de cannabis enfant cancer

Le cannabis médical en oncologie pédiatrique 

En réalité, les preuves scientifiques sur le potentiel thérapeutique du cannabis médical ne sont pas encore suffisantes. Cela reste vrai, qu’il soit destiné aux enfants ou aux adultes. À l’heure actuelle, la confirmation de son efficacité sur une maladie quelconque provient encore d’expériences individuelles. Le partage d’informations entre les patients reste cependant essentiel puisqu’elles permettent d’élargir les études sur le champ d’action de la plante. Les témoignages comme ceux de Jessica et Simon Edwards pourraient ainsi servir de base pour des études futures. 

Néanmoins, un problème persiste. L’idée d’utiliser le cannabis comme médicament pour les enfants reste une option peu conventionnelle. Parfois, ce sont les parents qui se montrent réfractaires. Dans la majorité des cas en revanche, les médecins sont les premiers à les dissuader. Cette réticence est tout à fait compréhensible. Après tout, la marijuana est surtout associée à une substance psychoactive utilisée à des fins récréatives. Pourtant, la plante est bien plus que cela. 

Son utilisation en tant que médicament remonterait d’ailleurs à la nuit des temps. Alors, pourquoi est-il aujourd’hui mis de côté ? C’est d’autant plus vrai lorsqu’on parle de cancer pédiatrique. Dans ce cas, les enfants doivent subir des séances de chimiothérapie et de radiothérapie. Celles-ci s’accompagnent d’une longue liste d’effets secondaires souvent très pénibles. Pour les parents du petit James Edwards, c’est peut-être peu logique de n’éprouver aucune hésitation à administrer chez l’enfant un produit agressif qui lui cause des nausées et vomissements, mais aussi fatigue et perte de cheveux. Et de l’autre côté, bannir le cannabis médical qui pourrait toutefois améliorer la qualité de vie du malade.

Cannabis médical, un potentiel pourtant énorme 

Si cette plante suscite aujourd’hui autant d’intérêt, ce n’est certainement pas pour rien. De nombreux consommateurs profitent déjà de ses bienfaits dans le cadre d’un usage privé. De l’autre côté, son utilisation dans le milieu médical gagne également du terrain. Cela est probablement dû au fait que son profil présente un avantage majeur. En effet, il n’y a ici aucun risque d’overdose. Cela signifie que son utilisation ne peut pas induire une intoxication mortelle. Certes, les risques de s’exposer à des effets secondaires délétères sont bel et bien là. Mais ces derniers proviennent surtout du THC — le principal composé psychoactif de la plante. 

Néanmoins, le cannabis contient des centaines d’autres cannabinoïdes, dont beaucoup ne sont pas toxiques. Ils ne présentent aucun danger pour la santé. C’est notamment le cas du cannabigérol (CBG) et du cannabichromène (CBC), mais surtout du cannabidiol (CBD). Ce dernier en particulier bénéficie d’un tel engouement auprès de la communauté scientifique. Cela a même permis de produire un médicament pour lutter contre les crises d’épilepsie (Epidiolex). Il est accessible sur ordonnance et peut bénéficier aux patients dès 2 ans. 

Tout cela pour dire que l’utilisation du cannabis médical en oncologie pédiatrique a vraiment du potentiel. Ce domaine a tout simplement besoin d’études plus approfondies afin d’assurer un traitement sécuritaire. Ce serait déjà un premier signe positif que la stigmatisation autour de la plante et des enfants pourrait s’atténuer. Avec des doses adéquates, les jeunes patients pourront certainement éprouver l’atténuation ou l’absence de symptômes normalement associés aux maladies cancéreuses.

Alors, que retenir ? 

Le cannabis médical a toute sa place dans le cadre du traitement de cancer pédiatrique. Certes, il n’aura peut-être pas d’effet curatif. Cependant, il permettra sûrement de soulager les symptômes de la maladie. D’ailleurs, quelques études scientifiques ont déjà montré que les cannabinoïdes pouvaient atténuer les effets secondaires de la chimiothérapie et la radiothérapie. Il ne reste donc plus qu’à se pencher davantage sur son utilisation sur les jeunes enfants pour que, eux aussi, ils puissent en tirer profit. L’avis d’un médecin reste tout de même conseillé dans tous les cas. 

Article similaire : L’utilisation potentielle du THC à des fins thérapeutiques.

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