Cannabis: une campagne de prévention contre les effets dévastateurs

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Le gouvernement estime que le cannabis représente un risque néfaste et dévastateur sur les aspects majeurs de la vie de la population. La consommation de cette drogue serait dangereuse pour la santé, pour la société, ainsi que pour l’éducation. Mais les risques y afférents sont trop sous-estimés. L’Etat a donc jugé nécessaire de lancer une campagne de publicité pour sensibiliser les gens sur les dangers qui se dissimulent derrière la fumée de cannabis. Le point dans cet article.

La cannabis en quelques chiffres

Les chiffres concernant la toxicité du cannabis et ses effets sur la santé ont de quoi affoler la toile. La substance est en effet assimilée au tabac puisqu’elle serait riche en produits chimiques cancérigènes. Selon les sources, elle contient 20 fois plus d’ammoniac, 5 fois plus d’oxyde d’azote, et de cyanure d’hydrogène. Le risque de développer un cancer du poumon ou de la gorge est d’autant plus élevé et même prématuré chez les consommateurs réguliers. Les statistiques démontrent que fumer un joint par jour pendant dix jours, ou deux joints par jour pendant cinq jours, augmentent le risque de développer un cancer du poumon de 5,7%. 

Selon une étude américaine, les personnes âgées de moins de 45 ans ayant vécu une expérience récente avec le cannabis, sont deux fois plus à risque de subir une crise cardiaque. Par ailleurs, la consommation de cette drogue accélère le vieillissement des fumeurs. 

Conséquences néfastes du cannabis 

Dans l’Hexagone, le cannabis se trouve être la plus populaire des drogues. Il est souvent associé au décrochage scolaire, aux accidents domestiques, à l’insécurité, et cette liste est non exhaustive. Dans son dernier rapport en 2020, Santé Publique France indique que 46% des adultes entre 18 à 64 ans ont expérimenté le cannabis au moins une fois dans leur vie. L’étude ESCAPAD de l’OFDT rejoint ces chiffres en rapportant que 39,1% des adolescents de moins de 17 ans ont essayé le cannabis, et 7% le prennent de façon régulière. 

Ces adolescents commencent à expérimenter le THC très tôt, en classe de 4ème. Un collégien sur dix dit avoir déjà essayé le cannabis au moins une fois, surtout les jeunes garçons.

Au lycée, un quart des élèves l’ont déjà expérimenté en classe de 2nde, 42% en dernière année de lycée, avec un usage plus fréquent chez les garçons par rapport au filles (44% contre 40,9%. Quant aux adultes, 44,8% des personnes entre 18 et 64 ans ont expérimenté le cannabis en 2017, toujours avec une forte prévalence tant chez les hommes que les femmes (52% contre 7%).

Mesures prises par le gouvernement

Afin de contourner ces risques, l’Etat a mis en place diverses mesures: 

  • Mobilisation de moyens de prévention et de traitement par le financement national pour la lutte contre la dépendance. Cette mesure s’accompagne d’une aide de proximité plus généralisée et/ou spécialisée
  • Mobilisation de tous les acteurs
  • Mise en place d’un Office anti-stupéfiants, ainsi que des sanctions, à l’instar de l’amende forfaitaire.

Parlons du cannabis!

Cannabis par-ci, cannabis par-là! Hormis le côté sombre de cette plante, combien d’entre nous connaissent véritablement son histoire? Le mot cannabis fait en fait référence à la plante de cannabis sativa, découverte pour la première fois en Asie. Elle appartient à la famille des cannabaceae, qui regroupe plusieurs variétés plus ou moins concentrées en THC. En fonction de ces variétés, on peut en faire de multiples usages du cannabis. En effet, ses propriétés varient selon sa typologie.

Les usages les plus courants que l’on fait de la plante est la fabrication textile, de cordages et de papier à partir des fibres de chanvre, qui contient très peu de THC. Les variétés à forte teneur en cette molécule psychoactive sont destinées à un usage plutôt récréatif ou médical. D’ailleurs, c’est au nom du THC que le cannabis est classé comme un stupéfiant. Ainsi, seule la culture de chanvre industriel est autorisée en France, notamment le CBD ou cannabidiol.

THC, CBN, CBD,… c’est quoi?

Le THC, de sa formule moléculaire delta-9-tetrahydrocannabinol, est un composé organique du cannabis sativa parmi tant d’autres. On en dénombre aujourd’hui plusieurs centaines, aussi appelés phytocannabinoïdes, ou cannabinoïdes naturellement présents dans la plante. Le THC est la principale molécule psychoactive du cannabis, responsable des effets planants et euphorisants. 

Le CBN ou cannabinol, est un autre composé organique aux mêmes propriétés que le THC, mais à faible intensité (10% de la puissance du THC). Aussi surnommé cannabinoïde du sommeil, il favorise l’endormissement et contribue à l’amélioration de sa qualité. 

Le CBD ou cannabidiol est actuellement la star des cannabinoïdes. Dépourvue d’effets psychoactifs, cette molécule aurait le pouvoir d’agir comme modulateur des effets du THC en les atténuant.  

Que dit la loi?

En vertu de la loi française du 31 décembre 1970, dont les dispositions sont reportées dans le code pénal et le code de la santé publique, le cannabis est inscrit sur la liste des produits stupéfiants dont l’usage est formellement interdit. Par conséquent, la consommation, la détention, la donation, la revente, la culture, le transport, la conduite sous son influence, sont considérées comme des infractions, et ce quelle qu’en soit la quantité.

Les formes de cannabis

Malgré les interdictions relatives à la culture, le commerce et la consommation de cannabis THC, les usagers le consomment sous différentes formes. Certains le fument mélangé à la nicotine, tandis que d’autres le consomment sous forme d’huile, de tisane, de résine ou d’herbe. 

La résine

La résine de cannabis, communément appelée haschich, est la plus pointée du doigt dans cette histoire. La police technique et scientifique avance que la concentration de THC qu’elle contient aurait triplé au cours des deux décennies. Cette concentration varie aujourd’hui entre 5 et 40%. Il va sans dire que le risque de dépendance a aussi largement augmenté. La résine est obtenue des parties résineuses de la plante, des feuilles et aussi des fleurs. Ces parties de la plante sont d’abord séchées, puis compressées, en leur donnant une forme compacte comme une galette. 

L’herbe

L’herbe, aka marijuana ou beuh, est la forme la plus commune. Elle est obtenue à partir des extrémités florales de la plante. Contrairement à la résine, le taux de THC est relativement faible, pour 2 à 6%.

L’huile

Beaucoup de consommateurs ont une préférence particulière pour l’huile de cannabis. Cette dernière prend une couleur verte foncée, qui tend vers le noir. Elle est formulée à partir des parties résineuses et de l’alcool 90°. La concentration de THC est aussi très élevée, et peut atteindre 50%. 

AK-47

Le AK-47 n’a rien à voir le plus puissant fusil d’assaut au monde. Il s’agit ici  d’une variété hybride de cannabis aux effets ultra puissants. Il est plus consommé par les personnes qui recherchent des effets relaxants et antalgiques, notamment contre la douleur. Cette drogue aide à combattre la dépression et stimule aussi l’appétit. Cependant, elle n’est autorisée qu”en Hollande, et pas en France. 

Quelle que soit la forme de cannabis, haschisch, huile ou herbe, il existe de nombreuses manières de la consommer. Elle peut être ingérée, inhalée, ou intégrée à diverses préparations. 

Des vertus thérapeutiques?

Paradoxalement, le cannabis possède des vertus thérapeutiques miraculeuses. En effet, on lui a redécouvert des propriétés antalgiques et relaxantes. Redécouvertes, car cette plante millénaire a toujours fait partie de la pharmacopée. En effet, les asiatiques et les romains s’en servaient depuis des milliers d’années pour soigner les malades. Mais depuis la prohibition, parler du cannabis sous un jour positif est devenu interdit. Les nombreuses vertus que la plante ont été mises au placard pendant un temps, laissant profiter les critiques exacerbées.

Cependant, de récentes études démontrent l’efficacité de la substance dans le soulagement de la douleur, contre les nausées et les vomissements. Par exemple, le cannabis est utilisé comme bronchodilatateur chez les asthmatiques,et de vasodilatateur dans le glaucome. Il s’avère également un excellent antispasmodique pour les malades de sclérose en plaque et personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Par ailleurs, il aide les patients dans les traitements de cancers agressifs incluant la chimio et la radiothérapie. 

Le cannabis médical en France

Dans le jargon médical, le THC, sous sa forme synthétique, porte le nom de dronabinol, et le nom commercial de Marinol®. Il est prescrit dans le traitement anti-vomitif dans le cadre de la chimiothérapie, et aussi pour stimuler l’appétit des personnes malades du sida. En France, cette prescription ne peut se faire qu’en cas d’échec des premiers traitements. A préciser que l’usage du cannabis thérapeutique est encore à titre expérimental, depuis le 21 mars 2021, et pour une durée de 2 ans, exclusivement chez les patients atteints de graves pathologies comme les épileptiques et malades de sclérose en plaque.

Pour conclure, le cannabis est effectivement un fléau, particulièrement chez les jeunes consommateurs qui sont le plus vulnérables. Au vu des chiffres sur ses effets dévastateurs, le gouvernement a raison de tout mettre en œuvre pour conscientiser tout un chacun sur les dangers du THC. Mais il ne faut pas écarter le fait que le cannabis possède aussi des propriétés extrêmement intéressantes, qui peuvent constituer une nouvelle ère pour la médecine. Dans cette lutte contre la drogue, le gouvernement fera-t-il pencher la balance du bon côté entre répression et accompagnement

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