Genève en faveur de la réglementation du commerce de cannabis

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Prochainement, Genève sollicite l’autorisation de l’OFSP pour commencer son projet de régulariser le commerce du cannabis. En fait, ce projet pilote vient en renfort à plusieurs tentatives menées en région suisse (Zurich, Berne, Bâle).

Rappel sur les conditions de vente du cannabis à Genève

L’année dernière (15 mai), le Conseil fédéral a approuvé l’expérimentation du commerce réglementé de cannabis récréatif. Bâle était censé prendre l’initiative du lancement du projet pilote. Malheureusement, ce canton a dû suspendre son exécution en raison de la mauvaise qualité des produits.

Un magasin de cannabis récréatif devrait ouvrir ses portes à Vernier d’ici la saison estivale de 2023. Cette ville située en périphérie de Genève se positionne en deuxième rang (34 000 habitants) après la municipalité de Genève démographiquement parlant. En fait, ce projet est issu d’une coopération entre plusieurs instances à savoir Genève (Etat), l’association CHANGE et le canton de Vernier. Bientôt, l’association soumettra sa demande de réglementer la vente de la marijuana récréative auprès de l’OFSP.

On estime que le test du projet durera trois ans et impliquera de nombreux consommateurs de marijuana. Si le projet de Bâle devait soumettre 370 personnes à l’expérimentation, cette fois-ci l’effectif de la population avoisine 1000 individus. Cela dit, l’échantillonnage du projet pilote de Vernier se cantonne uniquement aux consommateurs occasionnels de marijuana. Ainsi, on exclut la participation des consommateurs dépendants du cannabis récréatif. Quoi qu’il en soit, ce test pilote exige que le chanvre utilisé soit biologique et issu d’une production locale (canton de Genève).

Points de différences entre les projets de Bâle et de Vernier

Contrairement au projet bâlois, celui de Vernier vise à vendre des produits dérivés du chanvre dans une boutique à un prix similaire au marché illégal. Ainsi, on pourra y commercialiser librement de l’herbe, de la résine et d’autres produits à base de marijuana. Soulignons néanmoins que les concepteurs du projet ne veulent pas faire de profit (lucratif) grâce à ce commerce. De plus, ce programme exclut la vente des produits alimentaires dérivés du cannabis. En outre, le projet prévoit de limiter mensuellement la teneur en THC (pur) des produits à 10 grammes. De ce fait, les acheteurs peuvent acquérir mensuellement 100 grammes de marijuana renfermant du THC à 10 %. Ils peuvent également acheter 50 grammes de marijuana contenant un taux de THC de 20 %.

Mais, les participants à l’expérience de Vernier contribuent également à l’étude sur les dangers de la marijuana pour la santé et la vie sociale. Cela fait en l’occurrence partie d’un projet connexe des universités de Genève (UNIGE et HUG). Deux fondations se chargeront de débloquer les fonds de lancement estimés à près de 890 000 euros. Mais on anticipe que le magasin de marijuana pourra être financièrement autonome grâce à ses propres ventes.

cannabis

 

Avis du Conseiller d’État sur la situation du cannabis à Genève

Mauro Poggia estime qu’il est temps d’abandonner les mesures répressives à l’encontre de l’usage de la marijuana. Ce Conseiller d’État entend changer d’approche face à l’inefficacité de la pénalisation du cannabis et la prolifération du marché noir. Il avance notamment l’intérêt de passer d’un marché illégal à un commerce plus réglementé du cannabis. Selon cet homme politique, le projet de réguler la vente du cannabis récréatif viendra en aide aux jeunes du pays. Il contribuera notamment à les protéger des risques sanitaires et d’addiction.

Bref, la légalisation de la marijuana a ses chances de réussir à Genève en adoptant un commerce réglementé de cannabis récréatif. En tout cas, les parties prenantes vont envoyer leur requête de lancer le commerce réglementé du cannabis à l’Office fédéral de la santé publique. Les meneurs du projet à Vernier espèrent que cette nouvelle tentative soit plus concluante que les précédentes.

Par ailleurs, on se demande si la lutte anti-drogue devrait privilégier l’accompagnement à la répression.

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