Les secrets d’une culture de cannabis réussie dans l’obscurité

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La lumière n’est pas tout le temps indispensable au cannabis photopériodique. En effet, sa croissance est aussi rythmée par le cycle d’obscurité. Si les gens parlent souvent du cycle de lumière, nous parlerons de culture indoor de cannabis dans le noir. Dans cet article, vous allez en apprendre davantage sur le cannabis photopériodique. Que se passe-t-il dans le noir ? De combien d’obscurité a besoin la plante? Qu’en est-il du cannabis autofloraison ? Quels sont les risques avec les fuites lumineuses ? Quelles lumières utiliser ?

Photosynthèse et obscurité

Avant de commencer, petit rappel sur la notion de photosynthèse. Les plantes vertes, comme le cannabis, photosynthétisent lorsqu’elles sont exposées à la lumière. Ce processus consiste à convertir la lumière en énergie, en libérant de l’oxygène. Comme toute forme de vie, les plantes respirent aussi. Cependant, elles produisent un surplus d’oxygène en journée, utile à la photosynthèse.

Dans le noir, c’est-à-dire pendant le cycle d’obscurité, les plantes ne photosynthétisent pas mais continuent toujours à respirer. C’est au cours de cette phase sombre qu’a lieu le cycle de Calvin. Il est caractérisé par une réduction du dioxyde de carbone et une fixation du carbone. La plante respire jusqu’aux racines, d’où l’importance de les cultiver dans du substrat bien aéré. 

Cannabis photopériodique et cycle lumière-obscurité

Le jour, les plantes photosynthétisent et créent de l’énergie. La nuit, elles métabolisent ce stock d’énergie. Le surplus est converti en amidon qu’elles utilisent dans le noir. C’est typique des animaux qui puisent leur énergie dans les réserves de graisse pendant les périodes d’hibernation et de pénurie alimentaire. Mais on ne connaît pas exactement l’intérêt que représente cette métabolisation de l’amidon chez les plantes. Cependant, il est prouvé que le cannabis autofloraison exposé à une lumière constante produit moins de rendements. 

Par ailleurs, le cannabis photopériodique détermine son rythme de croissance en fonction de la quantité de lumière qu’il reçoit. Dans le cadre d’une culture outdoor, la germination a lieu au printemps et en été, sous les rayons du soleil. Lorsque les journées se raccourcissent avec moins de 14 heures de lumière, la période de floraison est enclenchée. En effet, les périodes de longue nuit déclenchent biologiquement la floraison. 

Comment le noir force la croissance végétative des plants de cannabis

Une photopériode artificielle permet de maintenir les plants de cannabis en phase végétative, tout comme il est possible de provoquer la végétation ou la floraison. Cette manipulation du cycle photopériodique peut aussi tuer les plants. Ces derniers sont moins tolérants aux changements imprévisibles du cycle de lumière. Quant aux variétés autofloraison, elles poussent en suivant leur propre horloge biologique. L’autofloraison a lieu après 30 jours de croissance végétative. 

La phase végétative est comprise entre la semis et la floraison, lorsque la plantule commence à pointer le bout de son nez à la surface en poussant en sens vertical. C’est au même moment qu’elle développe ses feuilles, essentielles à la photosynthèse de la lumière. 

18/6

Le plupart du temps, les cannabiculteurs utilisent un cycle de lumière en 18/6, soit 18 heures de lumière et 6 heures d’obscurité en une journée de 24 heures. Ce ratio procure à la plante beaucoup de lumière à captiver, la forçant davantage à photosynthétiser et produire de l’énergie. Par conséquent, elle se maintient en phase végétative. Mais il existe aussi d’autres alternatives.

6/2

Le cycle 6/2, soit, 6 heures de lumière et 2 heures d’obscurité, est une technique utilisée par certains cultivateurs. Le but est de faire passer les plants par trois périodes lumineuses et trois périodes d’obscurité en 24 heures. De cette manière, les plants subissent moins de stress lumineux. Par ailleurs, vous gagnez à refroidir la pièce de culture. Toutefois, cette méthode peu habituelle fait l’objet de controverses, malgré l’hypothèse selon laquelle cela accorderait plus de périodes de repos aux plants de cannabis. Quoi qu’il en soit, il n’y a aucun inconvénient à cette pratique, même si on ne connaît pas les réels avantages en termes de rendement.

24/0

Le ratio 24/0 est une autre alternative. Cela permet aux plants de bénéficier d’une lumière constante, mais l’inconvénient est que cette technique énergivore fait augmenter la facture. La majorité des cultivateurs en indoor s’accordent sur le fait que la meilleure technique est la 18/6, car elle se rapproche le plus des longues journées ensoleillées en été. De plus, la consommation d’énergie est moindre. 

12/12

Enfin, le 12/12 ou 12 heures de lumière et 12 d’obscurité, est un cycle adapté pour la floraison. Les cultivateurs en indoor utilisent deux lumières phytochromes rouge et rouge lointain. Pendant le cycle d’obscurité, le rouge passe au rouge lointain, déclenchant ainsi la floraison. Certains adaptent cette technique en laissant préalablement les plants de cannabis dans le noir complet pendant une période de 36 heures. Le but étant d’avoir le maximum de ratio de phytochrome rouge. Toutefois, si vous semez des graines de variétés photopériodiques avec le cycle 12/12, il faut attendre environ 4 semaines avant de voir lever les plants.

Dans tous les cas, l’essentiel à connaître est que le cannabis est une plante annuelle, capable de s’adapter avec seulement 8 heures de lumière par jour. Les plants photopériodiques en phase de floraison peuvent revenir à l’état végétatif en les manipulant. De même que tout changement provoqué de manière artificielle peut être interrompu pour faire revenir la plante à la croissance végétative. De longues journées ensoleillées suffisent pour déclencher le processus.

La lumière est à bannir pendant le cycle d’obscurité

Lorsque le cannabis pousse dans la nature, les nuages qui se forment peuvent interrompre son ensoleillement. La plante est parfaitement capable de gérer ce genre de situation. En revanche, les variétés photopériodiques cultivées dans l’obscurité ne doivent en aucun cas percevoir la lumière. Toute fuite lumineuse dans l’espace de culture est absolument à proscrire. Pendant le cycle d’obscurité, le moindre rayon lumineux peut perturber la croissance des plants. La floraison peut être interrompue, et les plantes peuvent revenir à l’état végétatif. Cela signifie qu’ils sont en état de stress végétatif, pouvant mettre à mal votre récolte.

Il est aussi possible que les plants deviennent intersexués. En d’autres termes, les plants femelles développent à la fois des organes sexuels mâles et femelles pour s’autoféconder. En théorie, ça a l’air parfait, mais ça ne l’est pas en termes de qualité et de rendement. Pour prévenir des dommages irréversibles, il est plus judicieux d’utiliser une lumière verte, seule autorisée dans l’espace de culture pendant la phase obscure.

Conseils pratiques pour protéger vos plants de cannabis

Voici quelques conseils pour vous assurer qu’un rayon de lumière ne vienne perturber votre culture dans le noir:

  • Inspectez la toile de votre tente de culture, et réparez avec un ruban adhésif s’il y a des trous ou des déchirures
  • Si vous cultivez sous une serre, pensez à la recouvrir avec une bâche pendant le cycle d’obscurité pour être sûr qu’aucune lumière extérieure ne pénètre

Ce sont des méthodes de prévention pas chères, qui peuvent vous empêcher de perdre gros.

Quelques bonnes pratiques

Certains cultivateurs font le choix de mettre leurs plants de cannabis quelques jours dans l’obscurité la plus complète, juste avant la récolte. Selon eux, cela provoque une poussée finale qui permettrait de gagner plus de cannabinoïdes et de terpènes. D’autres pensent que les rayons UV ont une fâcheuse tendance à détériorer les cannabinoïdes. C’est d’autant plus vrai que les cannabinoïdes dans les plants atteignent des niveaux plus élevés à la fin de la nuit. Le jour, ils s’usent à protéger les plantes des rayons UV, c’est pourquoi ils sont faibles en fin de journée.

Quid des variétés de cannabis autofloraison

Les variétés autofloraison sont différentes. En effet, les rayons lumineux n’ont aucun impact sur la floraison, entièrement rythmée par leur horloge interne. Cela dit, la lumière reste un élément essentiel à leur développement. Le jour, elles puisent leur énergie dans la lumière, tandis qu’elles se reposent dans le noir. Il n’y a aucune durée déterminée pour le cycle lumière-obscurité. Toutefois, les cultivateurs s’en tiennent au planning 18/6 pour maximiser l’apport en lumière et optimiser le temps de repos des plants. Cela est bénéfique pour leur croissance. D’autres se tournent vers le planning 12/12 pendant la floraison. Cependant, c’est la lumière qui s’adapte au mouvement du plant, en suivant l’horloge de ce dernier.  

Une minorité de cultivateurs sont tentés de laisser allumer les lumières 24/0. A priori, les plants de cannabis semblent bien s’adapter à la lumière permanente. Toutefois, ce n’est pas la meilleure des méthodes puisque cela accumule la chaleur dans l’espace de culture. De plus, les plants sont privées de repos en l’absence d’obscurité. 

L’importance de l’obscurité pour les différentes parties de la plante de cannabis

On parle souvent des feuilles, alors qu’elles sont loin d’êtres les seules parties de la plante pour lesquelles le noir est bénéfique. En effet, l’obscurité joue un rôle essentiel dans la germination des graines. Même sans être enterrées dans le sol, elles peuvent germer dans le noir, à condition que la température et l’humidité leur soient favorables. La lumière peut être un facteur qui empêche la germination des graines, pas seulement de cannabis mais de toutes les plantes en général. 

Il en est de même pour les racines, voilà pourquoi elles sont enterrées dans le sol. Lorsqu’elles sont éclairées, elles sont davantage exposées à de risques. Par exemple, la lumière attire les nuisibles. Ainsi, il est conseillé de faire pousser vos plants de cannabis dans des pots opaques, sauf s’il s’agit d’une culture de cannabis hydroponique

Pour conclure, planter le cannabis dans le noir est parfait, du moins autant que le cultiver à sous la lumière constante. Non seulement, l’obscurité participe à la photosynthèse, mais permet aussi de déjouer les pronostics en poussant la germination, la phase végétative et la floraison. Le noir est aussi un élément qui peut protéger vos racines des agressions externes comme les attaques de nuisibles. Enfin, la bonne gestion du cycle lumière obscurité est la garantie d’une bonne santé et d’un excellent rendement de vos plants de cannabis. Pour aller plus loin, découvrez maintenant comment l’éclairage peut affecter votre rendement de cannabis.

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