L’Australie franchit une nouvelle étape médicale en autorisant l’utilisation de l’ecstasy et des champignons hallucinogènes

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À partir du 1er juillet, l’Australie est devenue l’un des premiers pays au monde à permettre l’utilisation de l’ecstasy et des champignons hallucinogènes à des fins médicales. Cette décision controversée vise à traiter certains troubles mentaux et ouvre la voie à de nouvelles possibilités thérapeutiques. Cependant, les critiques soulignent la rapidité de l’approbation de ces substances et l’absence d’essais cliniques de phase 3 et de phase 4.

L’Australie a franchi une étape importante dans le domaine médical en autorisant l’utilisation de l’ecstasy et des champignons hallucinogènes à des fins thérapeutiques. Cette décision, qui a pris effet le 1er juillet, fait de l’Australie l’un des premiers pays à adopter une telle mesure. Les psychiatres australiens agréés sont désormais autorisés à prescrire ces substances, également connues sous les noms de MDMA et psilocybine, pour le traitement du stress post-traumatique et de certains types de dépressions. Bien que d’autres pays aient déjà autorisé l’utilisation médicale de ces substances dans le cadre d’essais cliniques ou avec des autorisations spéciales, l’Australie est en train de reclasser ces drogues, permettant ainsi leur utilisation plus généralisée.

Un usage thérapeutique prometteur

Selon les experts, l’ecstasy et les champignons hallucinogènes présentent un potentiel thérapeutique significatif pour certaines maladies mentales. Mike Musker, chercheur en santé mentale et en prévention du suicide à l’université d’Australie-Méridionale, affirme que la MDMA peut être utile dans le traitement du stress post-traumatique. Il explique que cette substance procure aux patients « un sentiment de connexion » qui facilite le contact avec le thérapeute et encourage l’expression des expériences traumatiques vécues. D’autre part, la psilocybine pourrait offrir de nouvelles perspectives dans le traitement de la dépression. Son « effet psycho-spirituel » est considéré comme différent de celui des médicaments traditionnels, et pourrait potentiellement changer la perception de soi et de la vie des patients, les incitant ainsi à envisager l’avenir de manière plus positive.

Un processus thérapeutique complexe

Bien que les bénéfices thérapeutiques de ces substances soient prometteurs, leur utilisation généralisée par les patients ne devrait pas se produire avant 2024. Selon Mike Musker, le processus thérapeutique nécessite un suivi attentif et est susceptible d’être long et exigeant. Par exemple, le traitement à l’ecstasy pourrait nécessiter jusqu’à trois séances sur une période de cinq à huit semaines, chaque séance durant environ huit heures. Il est important de noter que des effets secondaires indésirables, tels que des « bad trips », peuvent survenir. Dans le cadre de ces thérapies, les thérapeutes resteront aux côtés des patients pendant toute la durée de l’expérience, ce qui pourrait entraîner un coût élevé, estimé à environ 1 000 dollars australiens (environ 609 euros) par séance.

Controverses et inquiétudes

Cependant, la rapidité avec laquelle ces traitements ont été autorisés soulève des inquiétudes chez certains experts. Susan Rossell, neuropsychologue cognitive à l’université de Swinburne, estime que l’Australie a avancé plus rapidement que ce qui serait normalement attendu dans le processus d’approbation des médicaments. Elle souligne que pour d’autres types de maladies, comme les maladies cardiovasculaires ou le cancer, il est impossible de mettre un médicament sur le marché aussi rapidement qu’il a été fait dans le cas présent. Rossell explique que les essais cliniques de phase 3 et de phase 4 sont généralement nécessaires avant de commercialiser un médicament, ce qui n’a pas été le cas pour l’ecstasy et les champignons hallucinogènes en Australie.

En réponse à ces critiques, le ministère australien de la Santé a affirmé que la décision était basée sur le constat qu’il existe actuellement un manque d’options de traitement efficaces pour les patients souffrant de maladies mentales spécifiques résistantes aux traitements existants. Bien que les preuves scientifiques ne soient pas encore solidement établies, les avantages potentiels pour ces patients justifient l’utilisation de ces substances, selon un porte-parole du ministère.

L’autorisation de l’utilisation de l’ecstasy et des champignons hallucinogènes à des fins médicales marque une étape importante dans le domaine de la psychiatrie en Australie. Les avantages potentiels de ces substances dans le traitement du stress post-traumatique et de la dépression offrent de nouvelles perspectives thérapeutiques pour les patients souffrant de troubles mentaux. Cependant, la rapidité de l’approbation suscite des inquiétudes quant au manque d’essais cliniques de phase 3 et de phase 4. Il reste à voir comment cette décision évoluera et si d’autres pays suivront l’exemple de l’Australie dans l’utilisation de ces substances pour des applications médicales.

 

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