La prison, loin d’être une solution

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La consommation du cannabis, comme tout autre stupéfiant, présente des sanctions légales. La législation étant très rigoureuse sur la question en France, la peine encourue pour usage simple de ce stupéfiant est une peine de prison. Cette répression sévère fait partie de celles les plus dures d’Europe. Force est pourtant de constater un défaut d’efficacité de la répression pénale. Le nombre de consommateurs de cannabis en France est un des plus élevés du continent européen. Cela amène à poser la question de savoir si la prison est toujours la meilleure solution pour lutter contre la toxicomanie. Pour répondre à cette question, il convient d’aborder des points sociaux, sanitaires ainsi qu’économiques. Des solutions sont également à proposer.

Historique de la répression de l’usage de la drogue

Dans les années 70, une loi sur les stupéfiants a été en vigueur. Cette dernière disposait sur la détention, l’usage illicite et le trafic de substances stupéfiantes ainsi que la lutte contre la toxicomanie. Elle faisait partie des lois répressives les plus sévères en Europe sur la question des stupéfiants. La loi fut abrogée un peu plus tard, dans les années 2000. Le Code de la santé publique a, cependant, repris certaines des dispositions de la loi de 1970 en ce qui concerne l’usage des stupéfiants. Il s’agit donc d’une recodification. Une peine de prison ainsi qu’une amende sont toujours prévues pour la pénalisation de l’usage. 

Vers la fin des années 2010 et le début des années 2020, 4 personnes interpellées sur 5 le sont pour usage de substances stupéfiantes. Cette fraction suscitée concerne l’usage uniquement et non le trafic. Le nombre de personnes interpellées dans le cadre d’une affaire sur les stupéfiants est pourtant en hausse permanente depuis les années 70. Ainsi, malgré un régime de pénalisation très réglementé, un monde sans drogue est difficile à instaurer.

La prison pour l’usage des stupéfiants

La législation prévoit une peine d’emprisonnement ferme ainsi qu’une lourde amende pour l’usage des stupéfiants même en dehors de tout trafic. Cela constitue une mesure particulièrement sévère puisque la consommation simple entraîne une peine d’emprisonnement. Pourtant, le nombre de personnes interpellé pour usage simple de stupéfiant reste toujours important. Ce nombre s’élève à environ 160 000 personnes par an. Il est donc évident que la sévérité des mesures pénales n’affecte en rien l’importance de la consommation des substances toxiques dans la société. En effet, la consommation de stupéfiants crée une addiction. 

Chaque personne atteinte de toxicomanie continue à consommer de la drogue malgré des mesures très dures en matière répressive. Ces personnes ont besoin d’un accompagnement et pas forcément d’un enfermement. Elles ont besoin d’un suivi pour se sortir de cette addiction. L’enfermement ne permettant pas de combattre efficacement les addictions. Une récidive peut éventuellement survenir une fois sortie de prison.

La légalisation de l’usage de drogues

Une société dépourvue de toute drogue n’existe actuellement pas. Cependant, chaque pays a son propre système de répression de l’usage de la drogue. Certaines sont très sévères et certaines le sont moins. Dans une société où la répression ne porte pas ses fruits, la légalisation de l’usage de la substance permettrait-elle de lutter contre la toxicomanie ? Cela semble constituer un enjeu dangereux face à l’addiction à la drogue. Pourtant, lorsque la répression n’offre pas de résultats face à la hausse du nombre de personnes faisant usage de drogue, une légalisation réglementée peut aider à limiter ses ravages, surtout chez les jeunes. 

Main tendue avec des billets d'argent et une feuille de marijuana

Lutter contre la toxicomanie peut également se manifester sous forme d’accompagnement. Les prohibitions strictes serviront uniquement à multiplier les trafics illicites et les ventes clandestines de stupéfiants. Psychologiquement, ce qui est interdit est toujours plus excitant et plus fascinant. Une légalisation peut donc sonner plus comme une dissuasion plutôt qu’une incitation à la consommation. Un suivi plutôt qu’une répression peut également être utile face aux surdoses.

Le cannabis dans la répression des stupéfiants

Le cannabis est réputé pour être la substance stupéfiante la plus consommée. En effet, pour les interpellations à la suite de l’usage de stupéfiants, 9 cas sur 10 concernent le cannabis. Comme toute substance illicite, l’usage et le trafic du cannabis sont réprimés. Les sanctions sont sévères même s’il existe des drogues à effets jugés plus forts. La raison en est que les croyances populaires s’installent dans les pensées de chacune des idées qui ne sont pas forcément correctes. Tel est le cas du fait de croire que la consommation du cannabis entraîne la consommation de drogues plus dures dans le futur. Surtout si cette plante contient des psychotropes, avec un taux de THC élevé. 

Statistiquement, il existe 11 fois plus de consommateurs de cannabis que de consommateurs d’autres drogues dures. Si le cannabis entraîne la consommation de ces dernières, il devrait y avoir autant de consommateurs de marijuana que d’héroïne, par exemple. Une autre idée reçue est l’addiction à la première consommation. Pourtant, les preuves scientifiques démontrent qu’une dépendance est généralement la conséquence d’une consommation régulière. 

La prison : un danger pour les addicts aux drogues

Si la législation en place a fait que les usagers de drogues encourent une peine d’emprisonnement ferme, cette sanction radicale n’est pas la mieux adaptée à ces cas. La prison n’est déjà pas une solution efficace puisqu’elle ne constitue pas un frein à la consommation du cannabis. Elle l’est encore moins pour le consommateur lui-même. L’incarcération va constituer une sorte de sevrage forcé pour l’individu qui consommait régulièrement de la drogue. 

Pourtant, le sevrage forcé peut entraîner de graves crises de manque chez l’individu. Aussi, à la sortie de prison, une personne sevrée va avoir tendance à récidiver. Le sevrage, s’il est brutal, peut aller jusqu’à entraîner la mort. La prohibition sévère dans le but de décourager par la culpabilisation est donc inefficace. Le mieux est donc de chercher une solution plus communicative qu’intimidante.

La légalisation réglementée du cannabis

Si la prohibition de l’usage du cannabis a fait naître beaucoup de délinquants, trafiquants, sa légalisation ne peut que faire baisser le taux de délinquance. Toutefois, il est nécessaire de la réglementer puisque sa légalisation peut entraîner de nombreux dégâts comme les surdoses. Ainsi, l’instauration d’établissements spécialisés pour la vente et la consommation de cannabis semble être une bonne solution. Certains d’entre eux devront être assimilés à la vente réglementée et d’autres à la consommation. 

Cette solution va également limiter l’existence des fumeurs passifs. Lorsque les fumeurs ne savent pas où se rendre, ils se mettent à fumer presque partout, en public, entraînant l’existence de fumeurs passifs. L’instauration d’endroit prévu à cet effet va faire que la consommation sera plus saine pour le consommateur lui-même, mais également tous ceux qui l’entourent.

Les avantages de la réglementation sur le cannabis

Il est faux de se dire que l’instauration d’une institution de consommation de cannabis dans un endroit va augmenter la délinquance dans ledit lieu. La délinquance a peu de chances d’augmenter lorsque la consommation sera réglementée et accompagnée. Il convient aussi de remarquer que la délinquance naît justement du trafic de drogue. Si elle devient légale, il n’y a plus besoin de chercher de l’argent pour payer des trafiquants et en obtenir. Les avantages ne seront pas uniquement pour le consommateur, mais pour tous :

• La baisse de la délinquance

• La suppression des trafiquants

• La baisse des fumeurs passifs

• La sécurité

• La baisse du taux de mortalité causé par la drogue

• La diminution des ravages de la drogue sur les jeunes

• La protection des jeunes face aux stupéfiants

• Un accompagnement de qualité

Aussi, la santé demeure un point clé dans la légalisation réglementée. Surtout qu’il vaut mieux accompagner une personne présentant une addiction que de l’enfermer en prison pour qu’elle recommence aussitôt libre. Pour certains, aussi, la consommation de la drogue est excitante uniquement parce qu’elle est illégale. Sa légalisation peut déjà dissuader certains. 

Pour conclure, la consommation de cannabis est présente dans la société et s’en débarrasser n’est pas facile. La répression de cette dernière par une peine d’emprisonnement ne dissuade nullement les jeunes à la consommer. Au contraire, cette manière d’agir encourage les trafics et les récidives. La non-connaissance des méfaits réels de la drogue incite à sa consommation. Une légalisation réglementée permettra de mettre en place un système d’information, de suivi et d’accompagnement des individus pour sortir de la toxicomanie. Sans parler du fait que les jeunes peuvent enfin avoir accès à des explications claires, auprès des centres spécialisés pour la consommation. 

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